samedi 2 juillet 2011

Rotaract club de Kinshasa : Angella Basua aux commandes

Elle fait de la lutte contre la carie dentaire son cheval de bataille. Elle, c’est Angella Basua, la nouvelle présidente du Rotaract club de Kinshasa Binza. Fraichement promue, cette jeune Congolaise, audacieuse et ambitieuse, a pris officiellement ses fonctions le 1er juillet 2011 pour un mandat d’une année.


samedi 25 juin 2011

Mazembe en finale, les Kinois en liesse

Bras levés, deux doigts pointés vers le ciel en signe de victoire, les Kinois envahissent les rues, les visages débordant de joie. «Deux à zéro, Mazembe en finale !», scandent-ils à tue-tête, improvisant même un défilé spontané tout le long du large Boulevard du 30 juin, débordant de monde.

Il est 19 heures à Kinshasa ce mardi 14 décembre 2010. Le match entre le TP Mazembe Englebert de la République démocratique du Congo et le Sport Club Internacional du Brésil vient à peine de prendre fin. Dans les rues de la capitale, la fête commence. Les «shégués» (enfants de la rue, NDLR) sont les premiers à annoncer la nouvelle aux passants : «Mazembe est champion, il vient d’écraser l’équipe du Brésil par deux buts à zéro».

mercredi 22 juin 2011

Marie Chantal Kaninda :
Vivre au Congo sans corrompre

Marie Chantal Kaninda fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Représentante de la multinationale De Beers en République démocratique du Congo, elle dirige un groupe de travail restreint qui s’attèle à mobiliser les entreprises tant publiques que privées dans la lutte contre la corruption. Au magazine Optimum, elle explique le bien-fondé de cette initiative.


Joëlle Bile : «L’expo ESU a montré à la face du monde les œuvres d’esprit des étudiants congolais»

Joëlle Bile en pleine exposition.

Mariée et mère de deux enfants, Joëlle Bile Schetter dirige une agence en communication implantée à Kinshasa. Diplômée en relations publiques, elle a décidé de lancer "Spirituellement vôtre", "le tout premier magazine chrétien de la République démocratique du Congo". Pour plus de visibilité, elle a participé activement à la première édition de l'Expo ESU (Exposition des Etablissements de l'Enseignement supérieur et universitaire, NDLR) en 2010 dans le stand de l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication (IFASIC).

Depuis quand votre magazine est-il sur le marché ?
C'est depuis le mois d'avril dernier que nous avons lancé le premier numéro de "Spirituellement votre". Il a été imprimé en dehors de la RDC. Si nous prenons en compte le temps pris pour le recevoir au pays, nous dirons qu’il est disponible depuis le mois de mai, pratiquement un mois. 
Sur toutes les affiches, vous signalez que votre revue est le tout premier magazine chrétien de la RDC. Etes-vous si sure ?
En fait, personnellement, je n’en ai jamais vue d’autres. Et s’il y en a, ils ne se sont pas fait connaître ni à moi, ni à ceux qui sont autour de moi. Je me suis donc naturellement considérée comme la première. Je me dis que les ouvrages chrétiens, il a dû y en avoir, de même des revues parlant de la chrétienté d’un point de vue ou d’une approche chrétienne, il y en a sans doute. Mais un magazine chrétien qui traite des faits de société, qui parle de choses de la vie de tous les jours en ayant tous une approche biblique, je ne pense pas qu’il en existe encore. Et si c’est vraiment le cas, je n’en ai pas vu, pas non plus les 5.000 lecteurs qui se sont procuré le magazine «Spirituellement vôtre».
Avec les nombreuses tendances de chrétiens en RDC, êtes-vous sûre de maintenir longtemps votre ligne éditoriale ?
C’est un premier jet. Nous avons lancé ce numéro zéro qui est ouvert à toutes les critiques, observations, remarques… Maintenant, me demander si, avec tous les chrétiens ça va être possible d’avoir une ligne éditoriale, je dirai tout simplement qu’on est tous conscient aujourd’hui que la société congolaise est minée par des antivaleurs. Je voudrais donc, à travers ce magazine, briser l’élan à ces antivaleurs en se référant simplement à la Parole de Dieu. Qu’on soit catholique, protestant ou pas, on est tout de même conscient que la corruption, la prostitution… rongent notre pays et prennent des proportions considérables. Le manque de lecture est aussi un facteur nocif qui détruit notre pays. Qu’on soit donc d’une tendance ou d’une autre, du moment qu’on est chrétien, on est capable de se retrouver dans un magazine comme celui-ci.

Votre magazine est-il exclusivement réservé aux femmes ?
Non, pas du tout. Nous n’allons pas entrer dans des considérations doctrinales. Je pense toutefois que celui qui est chrétien, c’est l’être humain. Pas son corps, encore moins son sexe. C’est plutôt l’esprit qui est chrétien. Qu’on soit homme ou femme, on est appelé à connaitre les choses de Dieu.

Où avez-vous fait vos études ?  
J’ai passé mes études en communication pendant deux ans à l’ISTI à l’époque. C’était en 1997. Ensuite, je suis allée poursuivre mes etudes en France, à l’Université Bernard Jucie, à Versailles où j’ai eu mon diplôme. Toutefois, s’il y a un endroit qui m’a donné envie de faire ce métier, c’est à l’IFASIC, ici au Congo. C’est pourquoi je reviens à la source.

Est-ce pour cela que vous avez préféré exposer dans le stand de l’IFASIC ?
Je suis particulièrement heureuse et satisfaite de cette exposition. Je salue d’ailleurs avec tous mes respects le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) qui a concrétisé cette initiative jamais prise auparavant. Cette exposition permet de montrer à la face du monde les œuvres de l’esprit réalisées par les étudiants congolais, qu’ils soient encore sur le banc de l’université ou diplômés œuvrant avec d’autres étudiants. Moi par exemple, je suis une ancienne étudiante, mais je travaille avec trois journalistes qui sont encore étudiants à l’IFASIC. Ils auraient dû exposer avec moi, mais comme j’en suis la rédactrice, j’ai répondu au rendez-vous.

Au terme de l’expo ESU, quel bilan faites-vous de ces journées ?
J’aime parler de choses positives. C’était pour moi un très grand succès. Ca m’a permis de me rendre compte  du  nombre d’universités qui existent. C’était aussi l’occasion de faire des rencontres mutuelles, une découverte de l’autre… C’est une première qu’il faut soutenir parce que le ministre a montré que les étudiants congolais sont capables de faire des choses qu’on croyait inexistantes ici. Je salue donc cette initiative. Bien entendu, pour une première expérience, c’est sûre qu’il y a des imperfections, des approches à corriger lors de la deuxième édition que j’aimerais voir. C’est un grand succès, parce qu’il n’y avait pas que l’exposition. Il y avait aussi des conférences auxquelles nous avons assisté, des théâtres classiques qu’on a plus l’habitude de voir, parce qu’à la télévision, on ne nous présente que du théâtre populaire. C’est merveilleux ce que nous avons vécu ! Une fois de plus, bravo a l’Enseignement supérieur et universitaire. 

Si jamais demain, on organisait une autre édition, que suggéreriez-vous pour améliorer la qualité de cette rencontre universitaire ?
Déjà, une préparation beaucoup plus soutenue, parce qu’on a senti quelques impréparations  de la part de plusieurs stands et intervenants. Il faudrait que les gens travaillent en symbiose. En tout cas, au niveau de l’exposition, il n’y avait pas mal d’exhibitions qu’on aurait pu faire. Tout le monde dit avoir été pris de cours, tout le monde estime qu’il n’avait pas les moyens… Je pense donc que, pour les prochaines éditions, il faudrait un travail en symbiose, une synergie qui se crée pour donner vraiment le meilleur de nous de la part de tout le monde.
Propos recueillis par Christelle LUZAMBA et Yves KALIKAT

Isidore Ndaywel : "Le redressement de la RDC passe par la formation et le travail"

Fils d’enseignant, le professeur Isidore Ndaywel E-Nziem enseigne dans plusieurs universités à travers le monde. Historien de renom, il a publié plusieurs ouvrages, en l’occurrence «Nouvelle histoire du Congo». Coordonnateur du Comité scientifique du Commissariat général du Cinquantenaire, structure chargée d’organiser le jubilé de l’indépendance de la RDC, il exhorte les Congolais à espérer en un avenir meilleur, tout en les conviant à se former davantage et à bien travailler.    
En cette année où les Congolais célèbrent le jubilé de leur indépendance, le professeur Isidore Ndaywel estime le moment propice pour s’arrêter et se demander d’où l’on vient, où l’on est et où l’on va. Ces questions s’avèrent, selon lui, fondamentales pour tous ceux qui veulent ménager leurs montures en vue de mieux baliser les voies de l’avenir.
«On ne peut pas, affirme-t-il, parler du cinquantenaire sans parler de l’histoire. Et on ne peut pas non plus prétendre aimer le Congo si on ne le connaît pas. Voilà pourquoi dans la formation, il est important d’insister sur des données de connaissance de son propre pays. Le Congo dans l’espace et dans le temps est un élément qui devrait faire l’objet des préoccupations de tout système. Le Congo dans l’espace, c’est-à-dire sa géographie, doit avant tout être fort maîtrisé. Mais, ce n’est pas mon propos. Mon propos concerne le Congo dans le temps».
«Les millénaires qui nous ont précédés, c’est la partie de notre histoire où s’est forgé notre patrimoine, immatériel certes, mais important».
Pour Isidore Ndaywel, l’histoire de la RDC peut être repartie en plusieurs séquences. «La plus récente, explique-t-il, c’est le cinquantenaire qui concerne les 50 dernières années, de 1960 à nos jours. Cette séquence est la suite de celle du Congo belge, de 1908 à 1960. 52 ans de statut d’un pays colonisé ayant pour métropole la Belgique. Spécifiquement coloniale, cette séquence est aussi la continuité d’une autre, le premier ordre colonial. Nous sommes entrés en colonisation par une proclamation d’indépendance. Nous avons été Etat indépendant du Congo pendant 23 ans, de 1885 à 1908, avec pour souverain le roi Léopold II. Installé dans la lointaine Belgique, il était à la fois roi des Belges et roi souverain du Congo. Et avant cela, il y a eu des millénaires d’histoire de nos populations sur cet espace qu’est le Congo».
Faisant le bilan du passé, Isidore Ndaywel reconnaît que chacune des séquences de l’histoire du Congo a des acquis. «La toute première séquence que nous maîtrisons insuffisamment, c’est l’âge précolonial, affirme-t-il. Les millénaires qui nous ont précédés, c’est la partie de notre histoire où s’est forgé notre patrimoine, immatériel certes, mais important. C’est ce qui fait que nous soyons ce que nous sommes, que nous puissions avoir des institutions sociales aussi solides qui font que, chez nous, il y ait cette convivialité, cette importance accordée à notre ami, cette joie de vivre malgré notre misère, alors que la situation est beaucoup plus dure. C’est un patrimoine dont il faut être fier, tellement d’autres peuples n’en bénéficient pas. Je n’en veux pour preuve que les statistiques de crises cardiaques qu’il y a dans le monde ! ».
«L’Etat congolais est vieille de 125 ans. Nous sommes donc un Etat qui totalise cinq quarts de siècles… Et c’est la deuxième fois que nous célébrons le cinquantenaire.»
Isidore Ndaywel est beaucoup plus optimiste lorsqu’il aborde les deux autres séquences : «La constitution de l’Etat congolais, qui date de 1885 à nos jours, est vieille de 125 ans. Nous sommes donc un Etat qui totalise cinq quarts de siècles ! Une trajectoire absolument confortable dans l’histoire globalement, a fortiori dans l’histoire africaine, où il y a tellement de choses récentes. Et l’acte fondateur de cet Etat, c’est la proclamation, le 1er juillet 1885 à Vivi (Bas-Congo), de l’existence de l’Etat indépendant du Congo».
«Et, je tiens d’ailleurs à vous le rappeler, c’est la deuxième fois que nous célébrons le cinquantenaire, assure l’historien congolais. Nous avions déjà célébré, en 1935, le premier cinquantenaire de l’existence de notre Etat. Si vous allez dans certaines villes comme Lubumbashi, le Parlement actuel s’appelait naguère «Le Cinquantenaire». Il y avait même le parc du cinquantenaire».
«Nous avions acquis, en 1935, nos 50 ans d’existence comme Etat. Et le 1er juillet constituait notre fête nationale jusqu’au 30 juin 1960».
De quel cinquantenaire s’agit-il ? «Eh bien, répond Isidore Ndaywel, nous avions acquis, en 1935, nos 50 ans d’existence comme Etat. Et le 1er juillet constituait notre fête nationale jusqu’au 30 juin 1960. C’était le jour où nous célébrions notre fête nationale et où nous présentions notre drapeau bleu à l’étoile d’or, très vieux drapeau qui date de 1877, au moment où la commission d’histoire de l’Association internationale africaine a adopté son emblème. C’est cet emblème qui continue jusqu’à ce jour, certes avec des réaménagements et modifications jusqu’à la présentation actuelle».
Comme bon nombre de Congolais, le professeur Ndaywel décrie les méfaits du système colonial, mail il ne voit pas tout en rouge. «Nous avons, dit-il, raison de dénoncer les maux de la colonisation belge, mais elle nous a apporté aussi des acquis importants. Elle a notamment été caractérisée par ce qu’on appelle «l’administration indirecte», héritée des colonisations britanniques suivant lesquelles il ne faut pas mélanger les indigènes avec les Blancs».
Selon l’historien congolais, «l’administration indirecte» reposait sur la ségrégation. «Il fallait, explique-t-il, laisser les indigènes dans leurs villages, les enfermer dans leurs cités, pour qu’ils soient gérés par leur droit coutumier, par leurs chefs traditionnels. Il ne fallait pas qu’ils aient trop d’accès à des langues importées, en l’occurrence la langue française. Il fallait s’adresser à eux, les évangéliser dans leurs langues indigènes».
Pour le professeur Ndaywel, «c’était de la discrimination, certes, mais, c’est par cette discrimination qu’il y a maintenant un coté positif. Ce que nous avons eu la chance d’avoir été toujours proches de nos cultures traditionnelles, d’avoir conservé nos langues, nos usages par rapport aux autres régions d’Afrique où l’écart est très important par rapport à ce passé».
«Aucun pays colonisateur n’a, à un moment donné, décidé que la colonisation était assez suffisante pour que le pays colonisé devienne indépendant».
Lorsqu’il évoque la vague des indépendances en Afrique, l’historien congolais assure que c’est une phase incontournable qui s’accompagne bien souvent de scènes de violence. «Dans l’histoire du monde, commente-t-il, on accède à cette étape presque toujours de la même manière. Nous ne connaissons nulle part l’expérience de colonisation où le pays colonisateur a, à un moment donné, décidé que la colonisation était assez suffisante pour que le pays colonisé devienne indépendant».
«Il était donc important que nous accédions à l’indépendance, à la prise en charge, par des autochtones, de cette nouvelle forme de modernité d’origine extérieure qui s’est introduite chez nous à l’occasion de la colonisation, soutient Isidore Ndaywel. C’est l’exercice de l’appropriation de ces instruments de modernité politique (l’Etat-nation, la démocratie, la gestion économique moderne, la gestion culturelle moderne…) par les autochtones, qui s’avère une étape incontournable dans l’évolution d’une nation. On n’y arriverait pas si on voulait faire le contraire».
Aux nostalgiques congolais qui regrettent encore «la belle époque coloniale», le Coordonnateur du Comité scientifique du Commissariat général du Cinquantenaire se montre sec : «La colonisation est finie. Organisons le quarantième jour de ce deuil colonial. N’en parlons même plus ! Pourquoi parlons-nous encore tant de la Belgique ? Ce n’est qu’un partenaire parmi tant d’autres. Nous sommes au cinquantenaire. Nous avons invité un certain nombre de chefs d’Etat, on n’en parle pas. On parle seulement du roi qui arrive ou qui n’arrivera pas. Le roi n’est qu’un invité, chef d’Etat parmi tant d’autres !  Je crois que ce sont ces relents de la colonisation qui demeurent dans notre esprit».
«Faut-il fêter le cinquantenaire ? Bien sûr ! Il n’y a pas un niveau de richesses particulier pour fêter ! En cette année, 17 pays africains fêtent leur jubilé d’indépendance»
«Faut-il fêter le cinquantenaire ?», se demandent certains observateurs qui estiment que les festivités du jubilé seraient de trop pour un pays en crise. «Bien sûr que oui, rétorque Isidore Ndaywel ! Il n’y a pas un niveau de richesses particulier pour fêter ! Le jour où un élève réussit son examen d’Etat, si son père lui dit qu’il n’a pas d’argent pour organiser la fête, peut-il être content ? Lorsqu’on a de l’argent, on décide d’aller fêter au Grand Hôtel !  Quand on n’en a pas, on choisit le bar d’à coté !  Et quand on a un peu moins, on achète un casier de boissons sucrées qu’on consomme devant la maison. Parfois même on n’a rien du tout, alors on passe la soirée dans une veillée de prière ! Totaliser 50 ans et ne rien faire, cela n’a aucun sens pour notre culture».
 «Sommes-nous si malheureux que cela pour ne rien faire ?», s’interroge l’historien congolais. «En cette année, rappelle-t-il, 17 pays africains fêtent leur jubilé d’indépendance. Pensez à la situation du Togo qui a dû combiner la célébration d’indépendance avec les élections. Pensez à la Côte d’Ivoire qui fête, cette année, ses  50 ans d’indépendance malgré tous ces problèmes ! Pensez à Madagascar qui a eu son indépendance, deux à trois jours avant le 30 juin ! Ils vont célébrer leur indépendance avec nous cette année. Ne sommes-nous pas dans une situation plus enviable que ces pays-là ?»  
«Le cinquantenaire doit être une sorte de veillée d’armes pour nous réarmer des énergies nouvelles»
Partant des festivités de l’indépendance, Isidore Ndaywel exhorte ses compatriotes à combattre cette fatalité qui les pousse à affronter l’avenir avec pessimisme. «Le cinquantenaire doit être une sorte de veillée d’armes pour nous réarmer des énergies nouvelles, clame l’historien congolais. Il faut que nous puissions nous organiser pour travailler sérieusement. Il est temps de nous réveiller, de décider de construire notre pays pour faire quelque chose de notre vie. Nous vivons certes dans la crise. Or, c’est pendant la crise qu’il y a émergence de grands hommes. De cette crise, ce qui est certain, c’est qu’il y aura de grands hommes. Et c’est à chacun de décider s’il sera compté parmi eux’’».
Aux jeunes, élites de demain, Isidore Ndaywel demande d’éviter la vie facile et leur recommande une formation assidue : «Nous avons des réclamations des étudiants pour plusieurs raisons. C’est toujours parce qu’ils veulent des recommandations, des arrangements… Jamais parce qu’ils ont pris conscience qu’ils veulent être bien formés. Mais, vient un moment où on ne peut pas tricher avec la vie. Vous dites que vous êtes licencié en économie ? Très bien, il faut maintenant travailler. Vous n’arrivez même pas à écrire correctement. Vous dites que vous êtes maintenant médecin ? Voilà un malade, allez-y. Et vous ne savez même pas le soigner».
 «Vous ne pouvez pas vous permettre une vie de médiocrité dès lors que vous voulez être un citoyen du Congo, un citoyen du monde en ce millénaire, s’insurge le professeur Ndaywel.  Il faut prendre la porte étroite. Même quand nous sommes étudiants, nous devrons nous décider de construire notre pays, d’aller désormais à contre-courant, de refuser des points qu’on nous donne gratuitement par des recommandations, de petits arrangements, parce que nous voulons être formés correctement».
«L’amélioration de la situation n’est jamais instantanée ! C’est un processus. Et moi, je constate que ce processus a bel et bien démarré».
Optimiste en l’avenir du Congo, Isidore Ndaywel reprend en chœur l’affirmation du ministre Maker Mwangu de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP) : «Jamais, je n’ai vu mon pays constituer un si vaste chantier comme aujourd’hui». En séjour à l’étranger depuis une décennie, l’historien congolais voit de bon œil le vent de changement qui pointe à l’horizon : «L’amélioration de la situation n’est jamais instantanée ! C’est un processus. Et moi, je constate que ce processus a bel et bien démarré».
«Moi qui étais longtemps absent du pays, qui ai passé près de dix ans à l’étranger, je ne comprends pas ce qui se passe avec les salles de fête à Kinshasa, s’étonne le professeur Ndaywel. Elles sont toutes occupées. Il y a une telle prospérité au point qu’on est, de fois, obligé de faire le mariage le vendredi ! Il y a même une convivialité incroyable. Invité récemment à un mariage dans la commune de Ngaba, je m’attendais à une cérémonie modeste. Mais, j’ai été étonné de voir qu’il y avait au moins 3 mètres de cadeaux emmenés par l’assistance pour les mariés ! ».
«Même les embouteillages que nous voyons, c’est signe de quelque chose de nouveau, poursuit l’historien congolais. Qu’on voie tout d’un coup tas de véhicules sur nos routes, ce qu’il y a quelque chose qui a démarré».
«Lorsque nous nous mettrons véritablement au travail, nous prendrons des raccourcis pour atteindre le développement».
«C’est à dessein que j’appelle les Congolais au travail, souligne le professeur Ndaywel. Je vous rappelle la devise du pays : «Paix, justice et travail».  Or, notre devise lors de l’Etat indépendant du Congo, pendant la période coloniale, c’était : «Travail et progrès». Donc, pendant les 125 ans de l’Etat congolais, il y a un élément qui est resté permanent dans la devise nationale. C’est le mot : travail. C’est grâce à cela que la colonie belge était une colonie modèle qui avait des infrastructures les plus enviées. Nous étions même en avance par rapport à l’Afrique du sud ! Brazzaville ne pouvait même pas se permettre de se comparer avec la ville de Léopoldville, parce qu’il y avait cette notion du travail».
«Eh bien, conclut Isidore Ndaywel, j’ai la conviction qu’un re-enfantement du Congo est possible.  Et je suis sûr que, lorsque nous nous mettrons véritablement au travail, nous prendrons des raccourcis pour atteindre le développement. Je pense que, même si nous continuons, rien que comme on est là, dans trois ans, le monde sera surpris. Lorsqu’on vient d’Europe et qu’on revient au Congo où on dit qu’il y a la guerre, la misère, le sida, on est étonné de voir le changement en cours».
 Propos recueillis par Yves KALIKAT
Tiré du magazine Optimum n 1

Gilda Lopes : L’auberge des investisseurs



Gilda Lopes : L’auberge des investisseurs

Elle est universelle. Suédoise, née des parents capverdiens, Gilda Lopes Moupondo est mariée à un Congolais. Hospitalière et familière aux visiteurs venant de tous les coins du globe, cette polyglotte de 35 ans se sent plus à l’aise dans sa peau de citoyenne du monde. Pas étonnant qu’elle ait mis sur pied, dans sa terre d’accueil, une entreprise dotée d’un service original : l’Office Center, un centre moderne approprié pour la location des bureaux destinés aux investisseurs en phase d’installation ou de prospection en République démocratique du Congo.

Sa vocation, Gilda Lopes Moupondo la tire sans doute de ses nombreux voyages à travers le monde. Née au Cap Vert, cette détentrice d’un diplôme de technique supérieure en agronomie tropicale a fait ses études en Guadeloupe, en France et en Suède. Venue s’installer en RDC aux cotés de son époux qu’elle a rencontré à l’université en terre suédoise, elle a adhéré à SODEICO, l’entreprise où son mari est actionnaire depuis sa création en 1987.
A peine arrivée à Kinshasa en 2002, Gilda Lopes a eu du mal à se contenir face aux nombreuses initiatives qui fourmillaient déjà dans sa tête. Déboussolée dans une ville où les catalogues susceptibles de guider les visiteurs et les investisseurs font défaut, l’agronome a décidé de se jeter à l’eau, de venir à la rescousse de ces nombreux entrepreneurs étrangers désarçonnés. De là est née Congo relocation service, une section au sein de SODEICO.

D’une section à une entreprise
La section s’occupe, pour un premier temps, d’aider les partenaires de l’entreprise à s’installer en RDC pendant leur séjour. «Notre rôle, explique Gilda Lopes, consistait à aider nos partenaires, anglophones et francophones, à trouver un logement à Kinshasa ainsi que des bureaux. Nous les aidions à inscrire leurs enfants dans les écoles de leur préférence, à trouver un véhicule pour leur déplacement, où se faire soigner, voire dans quel restaurant s’alimenter… bien sûr, en respectant leur standing».
Jadis une activité ponctuelle, ce service a fait des émules auprès de la clientèle qui ne trouvait plus de pareille en RDC. Charmés, éblouis par la qualité de ce service de standard international, les ambassades, les multinationales, les organismes internationaux et bien d’autres opérateurs privés de haut standing ont mordu à l’hameçon : plus question de lâcher Congo relocation service d’une semelle.
A la moindre occasion, au moindre voyage en RDC, ces clients de jadis revenaient auprès de Gilda Lopes et lui recommandaient, si possible, d’autres clients. Le cercle s’est ainsi élargi au point où la jeune promotrice a jugé utile de muer Congo relocation service en entreprise autonome huit ans plus tard, en 2010.

Un couple d’entrepreneurs
Sous l’impulsion de Gilda Lopes et de son mari Mbanzi Elof Moupondo, entrepreneur et juriste de formation, la nouvelle entreprise va donner naissance à une initiative particulière : l’Office center, une sorte de centre moderne approprié pour la location des bureaux aux investisseurs en phase d’installation ou de prospection en RDC.
«Si, jadis, je travaillais avec un concept à long terme, maintenant ma vision s’étale sur le court terme, explique Gilda Lopes au magazine Optimum. J’adapte mes services aux besoins de ma clientèle : des investisseurs qui viennent momentanément en RDC avec l’idée de s’installer au pays à long terme. Le temps d’attendre que leurs dossiers soient régularisés, ces investisseurs potentiels préfèrent souvent trouver un bureau où travailler momentanément en toute quiétude. Pour répondre à leurs préoccupations, nous avons mené des recherches sur le net et visités d’autres Office center à travers le monde».


En quête de promotion de la femme
Dynamique, créative, Gilda Lopes nourrit toujours l’ambition d’aider les femmes d’Afrique à se développer par le travail. «J’aime bien les projets qui appuient la promotion des femmes, reconnaît-elle. Des idées qui visent un développement durable et adapté aux besoins de la population, et non des projets imposés de l’extérieur. Il y a tellement des choses à faire ici au Congo qui ne demandent pas beaucoup d’argent. On souhaite que la RDC soit développée dans beaucoup de domaines, et pour cela il faut privilégier la formation».

«Nous voudrions que le Congo soit de plus en plus stable, poursuit Gilda Lopes. Pour cela, il faudra que les gens apprennent à travailler ensemble, à exprimer leurs besoins ensemble pour être soutenus. Il leur faut donc être unis pour promouvoir une société qui pense aux intérêts collectifs. Que les gens comprennent que plus ils sont unis, plus ils sont forts».

«Mes loisirs, ce sont mes enfants»
Exigeante au travail, façonnée par la ponctualité suédoise, Gilda Lopes préfère consacrer son temps de loisir à sa famille : son mari et ses deux enfants. Si, du lundi au vendredi, elle est au boulot de 8 h00 à 21 h00, et le samedi de 8h00 à 13h00, elle ferme généralement son téléphone après les heures de services pour se concentrer sur son foyer qu’elle chérit tant.
«J’aime bien la nature, nous avoue-t-elle. Bien souvent le week-end, nous allons nous promener, mes enfants et moi, dans la ferme de leur grand-père paternel à Mont-Ngafula, l’une de plus vastes communes de Kinshasa».
Yves KALIKAT



Office Center : Les bureaux à la carte

Les promoteurs d’entreprises en phase d’installation ou de prospection en République Démocratique du Congo ont désormais l’occasion de louer momentanément des bureaux confortables pour travailler dans la sérénité. Ce concept  qui n’existait pas auparavant, est aujourd’hui une réalité grâce à l’Office Center que l’entreprise Congo relocation service vient de mettre à la disposition des entrepreneurs à Kinshasa. 

Initiative de Gilda Lopes Moupondo,  l’Office Center, première initiative du genre en RDC, vient d’ouvrir ses portes dans la capitale début février 2011. Installé juste derrière le bâtiment de la Poste, au 5ème niveau de l’immeuble logé au n° 4 de l’avenue du Marché, parallèle au Boulevard du 30 Juin, ce local respire l’aisance. Lorsqu’on y accède, on a du coup l’impression de changer de continent, car les différents bureaux n’ont rien à envier à ceux d’autres Office Center qui existent dans les pays occidentaux.
Dès l’accès au hall, une réceptionniste bilingue, anglophone et francophone, vous accueille avec courtoisie.  Elle se propose de gérer, pendant tout le séjour des clients,  leurs visites, leurs appels téléphoniques, leurs courriers entrant, leurs fax et impressions. De haute gamme, le service de réception offre à la clientèle un kit de bienvenu (badge avec photo d’identité, carte sim, cartes de visite, carte qui donne accès à la photocopieuse, à l’imprimante, au fax…). Tous ces services sont compris dans le coût de location, et ce n’est pas tout.

Le cadre de travail
Pour l’entrepreneur venu travailler seul, il lui est accordé le choix d’opter pour un bureau individuel (The Private Office), muni de trois fauteuils (un pour le client et deux pour ses visiteurs), d’une table et d’une armoire pour classer les dossiers. L’espace de travail  permet à son occupant  de se retrouver dans des conditions optimales de travail.
Le client peut aussi opter pour un Open space, un espace de travail en paysage, c'est-à-dire  une salle ouverte où il peut travailler avec son ordinateur aux cotés d’autres clients. Pour leurs visites, les clients de l’Open Space ont accès à des salles de discussions. Le cadre est approprié aussi bien à des collaborateurs d’une même entreprise ou des entrepreneurs œuvrant dans des secteurs différents.
Outre ces locaux, Congo relocation service a également prévu un bureau restreint de travail en équipe (The Team Office), un espace collectif privé, aménagé pour trois personnes au maximum. Dans cet espace de travail, les occupants peuvent également recevoir des visites.
Office center dispose, par ailleurs, de larges salles de conférence qu’on peut aménager à souhait, soit pour des vidéos-conférences, soit pour des réunions ou encore pour des travaux en atelier. Equipées d’internet, de rétroprojecteurs, de sonorisations et de photocopieuses et fax, ces salles ont une capacité d’accueil de 6, de 10 et de 22 personnes. Elles sont aussi bien accessibles aux occupants des bureaux qu’aux personnes externes.

Services connexes
Tous les clients de l’Office center ont libre accès à la cuisine où ils peuvent prendre   leurs pauses-café ou commander des rafraîchissements qui leurs sont livrés dans leurs bureaux. Les hôtes de ce méga centre de bureaux ont aussi libre accès à une petite salle de séjour (Lounge), équipée de fauteuils de salon confortables et d’une table. Climatisée, bien aérée, cette salle donne accès au balcon et à des baies vitrées d’où l’on peut contempler le fleuve Congo et les immeubles du centre-ville de Kinshasa.
Il sied, par ailleurs de signaler que l’Office Center offre à ses occupants des avantages qu’ils ne trouvent pas dans plusieurs bureaux et hôtels de la place : un courant stable et permanent renforcé par un groupe électrogène, une connexion internet à haut débit, des périodiques, des rafraîchissements réguliers (café/thé, boisson sucrée, eau, sandwich, salades, plat froid…), un service de nettoyage… Tous ces avantages sont compris dans les frais de location. 
 
Un personnel  qualifié
Pour offrir à la clientèle tous ces services et veiller en permanence à leur bien-être, Congo relocation service recourt à un personnel qualifié et efficace, rassure Mme Gilda Lopes Moupondo. «Au total, nous disposons de sept agents, nous confie-t-elle. En dehors du Manager director, nous avons un Office manager du centre (le gestionnaire du centre), deux assistants administratifs, deux réceptionnistes et un cuisinier polyvalent». 
Office Center est un produit spécialisé dans un domaine bien précis : celui d’offrir à sa clientèle un environnement de travail moderne, spacieux et taillé sur mesure. «On ne veut pas tout faire à la fois, parce que si on veut tout faire, on ne réussit généralement à ne rien  faire correctement, commente Mme Gilda Lopes Moupondo. Etre spécialisé nous permet de rester professionnel et, ainsi, de marquer agréablement nos clients, afin qu’ils aient envie de revenir vers nous. Les services que nous n’offrons pas, nous les sous-traitons à des entreprises partenaires tout en gardant un regard bien vigilant dans l’intérêt de nos clients».
Yves KALIKAT